Pour une équipe de 1 à 3 commerciaux, un composeur à appels simultanés est rentable dès quelques heures d’appel par mois : dans notre modèle, sa licence se rembourse en moins de 4 heures de composition. Ce qui décide vraiment, ce n’est pas le prix, c’est le nombre d’heures que vous passez réellement au téléphone et la taille du fichier que vous pouvez lui donner à consommer.
Les chiffres qui circulent sur les composeurs multilignes sont presque toujours calculés pour des équipes de 5, 10 ou 20 SDR, avec des volumes que n’atteint pas un fondateur qui prospecte entre deux rendez-vous clients. Cet article refait le calcul pour les petites structures, étape par étape et hypothèses sur la table. Pour le fonctionnement de l’outil lui-même, voir qu’est-ce qu’un parallel dialer.
Quelles hypothèses pour le calcul ?
Un calcul de rentabilité ne vaut que par ses hypothèses. Voici les nôtres. Elles sont volontairement simples, et chacune peut être remplacée par vos propres chiffres.
| Hypothèse | Valeur retenue | D’où elle vient |
|---|---|---|
| Taux de décroché humain | 10 % des numéros composés | Ordre de grandeur courant des listes B2B, déjà utilisé dans notre article combien de lignes en simultané |
| Durée d’un tour sans conversation | 30 secondes | Composition et sonnerie, même modèle |
| Durée d’une conversation | 3 minutes, notes comprises | Même modèle |
| Conversations pour un rendez-vous | 10 | Volontairement prudent : notre article ratio appels / rendez-vous donne 3 à 5 conversations par rendez-vous en moyenne |
| Coût complet d’un commercial | 6 000 € par mois, soit environ 40 € de l’heure | Salaire, charges et frais pour un profil SDR en France ; à ajuster |
| Tentatives par contact | 4 au plus | Une séquence courte, appels annulés compris |
| Prix des licences | Starter 60 €, Intermédiaire 120 € par mois | Prix annuels publics de Skipcall, voir les tarifs |
Le modèle est le même que dans notre article sur le nombre de lignes. Il a une particularité à connaître : il est généreux pour la composition un appel à la fois, car il ne compte aucun temps de saisie entre deux numéros. Dans la vraie vie, l’écart entre les deux modes est souvent plus grand ; c’est l’une des raisons pour lesquelles d’autres articles, dont notre comparatif parallel dialer ou power dialer, avancent des multiplicateurs plus élevés. Ici, nous préférons un calcul prudent.
Étape 1 : combien d’heures appelez-vous vraiment ?
C’est la question que les petites équipes surestiment le plus. Un fondateur ne passe pas sa journée au téléphone : il vend, il recrute, il livre. Un commercial à temps plein, dans une équipe de trois, mène aussi ses rendez-vous, ses relances et sa saisie CRM. Ce qui compte, ce sont les heures où l’on compose effectivement des numéros.
Nous retenons deux profils :
- Le fondateur qui prospecte : une heure par jour, quatre jours par semaine, soit 16 heures par mois.
- Le commercial à temps plein : deux heures de composition par jour, 20 jours par mois, soit 40 heures par mois.
Si vous ne savez pas combien d’heures vous appelez réellement, notre calculateur de temps de vente aide à faire le compte. En dessous de deux heures par semaine, la suite du calcul reste positive, mais l’habitude ne s’installe pas ; nous y revenons plus bas.
Étape 2 : combien de conversations par heure ?
Voici ce que donne le modèle à 10 % de décroché, pour un commercial pendant une heure d’appels.
| Mode | Conversations par heure | Numéros composés par heure |
|---|---|---|
| Un appel à la fois | 7,5 | 75 |
| 2 lignes | 10,7 | 112 |
| 3 lignes | 12,4 | 137 |
| 4 lignes | 13,5 | 157 |
Modèle : 10 % de décroché humain, 30 secondes par tour sans conversation, 3 minutes par conversation. Mêmes valeurs que dans notre article sur le nombre de lignes.
Le passage d’un appel à la fois à 4 lignes multiplie les conversations par 1,8, mais il multiplie aussi par 2,1 les numéros composés. Retenez ces deux chiffres : le premier fait la rentabilité, le second fait la limite.
Étape 3 : que devient le coût par rendez-vous ?
Le coût par rendez-vous se calcule simplement : tout ce que coûte la prospection sur un mois, divisé par le nombre de rendez-vous obtenus. Appliqué au commercial à temps plein :
Les 60 € de licence supplémentaires achètent environ 24 rendez-vous de plus par mois, soit 2,50 € le rendez-vous supplémentaire. On peut aussi lire le résultat dans l’autre sens : pour obtenir les mêmes 30 rendez-vous, le commercial n’a besoin que de 22 heures d’appel au lieu de 40. Les 18 heures libérées peuvent aller aux rendez-vous, aux relances ou à la préparation des listes.
Pour le fondateur à 16 heures par mois, le raisonnement en salaire a moins de sens ; le bon indicateur est le temps. Pour décrocher 10 rendez-vous par mois, il lui faut 13,3 heures d’appel en un appel à la fois, et 7,4 heures à 4 lignes. Près de 6 heures rendues chaque mois, pour une licence Starter à 60 € qui couvre les deux modes : à 216 conversations par mois, il reste largement sous les 400 du forfait.
Et pour une équipe de trois, un fondateur et deux commerciaux :
| Équipe de 3 | Un appel à la fois | 4 lignes |
|---|---|---|
| Heures d’appel par mois | 96 | 96 |
| Conversations par mois | 720 | 1 293 |
| Rendez-vous par mois | 72 | 129 |
| Licences par mois | 180 € (3 Starter) | 300 € (1 Starter, 2 Intermédiaire) |
| Coût par rendez-vous | 178 € | 100 € |
Coût de l’équipe : deux commerciaux à 6 000 € et 16 heures de fondateur valorisées à 40 €, soit 12 640 € par mois, plus les licences.
Pour refaire ce calcul avec vos propres chiffres, notre calculateur de coût par rendez-vous et notre calculateur de prospection reprennent la même logique.
Étape 4 : à partir de quand la licence est-elle remboursée ?
Dans notre modèle, chaque heure passée à 4 lignes produit autant de conversations que 1,8 heure en un appel à la fois. Elle économise donc 0,8 heure de composition.
Autrement dit, la licence n’est presque jamais le problème. Même un fondateur qui n’appelle que deux heures par semaine la rembourse en temps gagné. Si le calcul s’arrêtait là, la réponse serait toujours oui. Il ne s’arrête pas là.
Étape 5 : le vrai plafond, c’est votre fichier
Un composeur multiligne consomme des contacts deux fois plus vite. C’est la limite que les petites équipes découvrent après coup.
Faites le compte de votre marché adressable : combien d’entreprises correspondent à votre cible, et combien de décideurs joignables dans chacune. Divisez par votre consommation mensuelle, et vous obtenez votre nombre de mois de fichier. Si le résultat tombe sous trois mois, vous allez épuiser votre marché avant d’avoir appris à lui parler.
Dans ce cas, trois options :
- Réduire le nombre de lignes. À 2 lignes, le modèle donne 10,7 conversations par heure pour 112 numéros composés : 40 % de conversations de plus qu’un appel à la fois, pour une consommation de fichier bien plus modérée.
- Réduire les heures et consacrer le temps gagné à enrichir le fichier.
- Rester en un appel à la fois, et soigner chaque conversation.
N’oubliez pas non plus les appels annulés : à 4 lignes, chaque conversation laisse en moyenne trois prospects avec un appel en absence. Sur un petit marché, ce sont toujours les mêmes personnes qui voient votre numéro. Notre article sur les listes brûlées par un dialer trop agressif détaille cet effet.
Quand un parallel dialer ne vaut-il pas le coup ?
Le calcul ci-dessus est favorable dans la majorité des cas. Voici ceux où il ne l’est pas, et où nous vous conseillerions de vous en passer.
Un petit marché. Si votre cible tient en 200 ou 300 comptes, une approche par comptes ciblés, préparée et personnalisée, rapporte plus qu’un débit élevé. La règle des mois de fichier tranche la question.
Un cycle long et des appels préparés. Quand chaque appel demande vingt minutes de recherche sur l’entreprise, le goulot n’est pas le temps de sonnerie, c’est la préparation. Un composeur multiligne n’y change rien.
Les comptes stratégiques. Un compte qui pèse une part importante de votre objectif annuel ne doit ni recevoir un appel annulé en pleine sonnerie, ni tomber sur un commercial qui découvre son nom. Appelez-le un par un.
Un taux de décroché déjà élevé. Leads entrants, clients existants, contacts qui attendent votre appel : le taux de décroché peut dépasser 20 %. À ce niveau, la règle de réglage limite à 2 lignes, et le gain se réduit : dans notre modèle à 20 %, on passe de 10,9 à 13,7 conversations par heure, soit +25 %. Pour un lead entrant, la rapidité du rappel compte davantage, comme le montre notre calculateur de speed to lead.
Moins de deux heures d’appel par semaine. La licence reste rentable sur le papier, mais un outil qu’on ouvre une fois par semaine ne devient jamais une routine. Commencez par bloquer des créneaux d’appel réguliers ; l’outil viendra ensuite.
Un discours pas encore trouvé. Un fondateur qui cherche encore son accroche a besoin de réfléchir entre deux conversations, pas de les enchaîner. Les trente ou cinquante premières conversations d’une nouvelle offre se passent mieux en un appel à la fois. Une fois le discours stable, le passage à plusieurs lignes multiplie ce qui fonctionne.
Un besoin d’accueil des appels entrants. Si votre priorité est de répondre aux appels qui arrivent, avec un standard ou des files d’attente, un composeur sortant comme Skipcall n’est pas l’outil adapté.
Quel forfait pour une petite équipe ?
Les forfaits Skipcall se distinguent surtout par le nombre de conversations incluses, une conversation étant comptée au-delà de 10 secondes. Les prix ci-dessous sont les prix par licence et par mois en facturation annuelle.
| Profil | Conversations par mois dans notre modèle | Forfait adapté |
|---|---|---|
| Fondateur, 1 h par jour, 4 jours par semaine | ≈ 216 | Starter, à partir de 60 € (400 conversations) |
| Commercial, 2 h par jour | ≈ 540 | Intermédiaire, à partir de 120 € (1 000 conversations) |
| Commercial, 3 h par jour ou plus | ≈ 810 et au-delà | Intermédiaire, ou Expert pour les conversations illimitées |
Une licence suffit pour démarrer, et chaque commercial peut avoir son propre forfait. Le détail est sur la page tarifs. Si vous hésitez encore entre plusieurs types de composeurs, notre quiz pour choisir son dialer pose les bonnes questions en deux minutes.
Ce qu’il faut retenir
Pour une petite équipe, la question n’est pas de savoir si un composeur à appels simultanés est rentable : à quelques heures d’appel par mois, il l’est presque toujours. La question est de savoir si vous avez assez de contacts à lui donner et si votre discours est prêt à être multiplié.
Le calcul tient en quatre lignes. Comptez vos heures d’appel réelles. Multipliez par 7,5 conversations en un appel à la fois, ou 13,5 à 4 lignes, à 10 % de décroché. Divisez votre coût mensuel par les rendez-vous obtenus. Puis vérifiez combien de mois de fichier il vous reste à ce rythme. Si la réponse dépasse trois mois et que votre accroche fonctionne, passez à plusieurs lignes. Sinon, commencez à 2 lignes, ou restez en un appel à la fois le temps de construire le fichier.
Une fois lancé, notre guide des bonnes pratiques d’appels simultanés aide à tirer le meilleur de chaque session.